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Association des actionnaires salariés du Crédit Lyonnais

 

 
 
 
 
 
 
 

La Mondialisation

La mondialisation, nouveauté ou continuité


La politique économique poursuivie depuis plusieurs décennies par les pays développés transforme l’économie mondiale. Cette politique au contour encore vague pour beaucoup est baptisée du nom de mondialisation. C’est une stratégie qui obéit à des règles bien précises qu’il convient d’expliciter.


Jusqu’à il y a peu d’années les pays dominants (Europe, Japon et USA) se contentaient de coloniser plus ou moins agressivement les pays sous développés. Le XIX° et le XX° siècle ont été la période faste de cette politique qui a cohabité aussi avec les guerres régionales habituelles aussi bien en Europe qu’aux USA. Deux guerres mondiales ont affronté l’Allemagne et le Japon au reste du monde. La guerre froide contre le bloc soviétique a suivi jusqu’à l’écroulement du mur de Berlin en 1989.


Ces guerres avaient pour but de tenter d’asservir des pays voisins et de coloniser des territoires lointains (Afrique, Asie, Amérique et Australie). À partir de l’écroulement du mur de Berlin les guerres régionales n’avaient définitivement plus de raison d’être. Par exemple il est aujourd’hui impensable pour la France de se préparer à une guerre contre l’Allemagne ou l’Angleterre. Après une tardive prise de conscience des turpitudes passées, une vaste campagne de repentance s’est récemment déroulée. Elle a déclaré, à juste titre, inepte le colonialisme, l’esclavage et le communisme passé. L’évolution du monde musulman aujourd’hui réveille le souvenir des guerres de religion. En effet certains pays islamiques se réclament de la Charia. Leur souhait est de remplacer le code civil par les préceptes du Coran. Les immigrés musulmans en Europe souhaitent bien naturellement installer leurs pratiques religieuses dans leur pays d’accueil. L’opinion publique s’interroge de plus en plus sur cette constante évolution mais ne propose pas de solution acceptable. Les pouvoirs publics quant à eux acceptent avec constance depuis plus de quarante ans cette évolution probablement en raison des bénéfices à long terme qu’ils en espèrent. Un espoir, une quasi-certitude pour beaucoup, réside dans le fait que l’islam à la recherche d’un renouveau souhaitable sera amené progressivement à devenir compatible avec la laïcité et le monde moderne. Les pays dominants dont la France se sont excusé pour leurs turpitudes passées. On parla alors du sous-développement et de la nécessité de transférer du savoir faire vers les pays dits sous développés. Ce langage est dans la continuité du colonialisme qui avait pour racine le fait « d’apporter l’éducation et la religion aux barbares des pays lointains ». Les colonisations des Amériques, du Nord et Latine, se firent dans des conditions très agressives et mal connues en raison des moyens de constat. En ce temps-là les journaux étaient sous contrôle étroit des états, la photographie et la filmographie étaient inconnues il était donc possible de contrôler efficacement la vérité. Aujourd’hui les moyens électroniques à la disposition de tous rendent impossible cette cécité qui recouvre encore le colonialisme et les horreurs du communisme Russe et Chinois principalement. Fort de l’expérience Nazi, les Russes avaient mis en place un système très efficace anti photographie. Que serait la connaissance de la schoa sans les films tournés dans les camps et surtout à leur libération ! Aujourd’hui en raison des progrès techniques il est impossible de supprimer efficacement les témoignages. Les dictatures du moyen orient en font aujourd’hui les frais car leurs massacres sont en temps réel sur tous les écrans de la planète. Cette publicité non souhaitée retient sans aucun doute leurs barbares auteurs. Le massacre des Indiens d’Amérique aurait-il été possible sur grand écran ? on peut en douter. C’est aussi probablement la raison de la disparition des films sur la conquête vers l’ouest cher aux premiers pas d’Hollywood


Le tropisme dominateur qui a depuis toujours animé les pays les plus forts a trouvé un moyen plus adapté à notre époque. Ce moyen est la mondialisation. Cette nouvelle « politique », expérimentale pour le moment, date des années quatre-vingt et semble bien puiser ses racines dans des comportements plus anciens. Elle se perfectionne de jour en jour avec des résultats collatéraux ruineux et encore incontrôlés mais aussi des bienfaits non négligeables. Ces conséquences collatérales concernent aussi bien les pays provocateurs de la mondialisation que les pays cibles de la mondialisation.


Quels sont les vecteurs de la domination mondiale aujourd’hui ? c’est comme toujours la recherche-développement et les produits qu’elle sécrète. Sans produits nouveaux adaptés à la guerre moderne les pays dominants ne seraient plus dominants. Pratiquement tous les progrès sont issus des périodes de guerre. Par exemple les ordinateurs, les antibiotiques, la conquête spatiale, le nucléaire sont les fruits collatéraux de la dernière guerre mondiale. Les marines américains en Afghanistan sans leur organisation et sans leurs armements sophistiqué auraient depuis longtemps été exterminés par des autochtones bien plus compétents en matière de barbarie. Les guerriers des pays sous développés sont sans aucun doute d’excellents combattants. Ils sont solides physiquement, endurants, convaincus, animés par une foi inébranlable capable de les transformer en bombe humaine. Mais il leur manque les éléments fondamentaux que sont les technologies modernes et leur bonne mise en œuvre. En cas de guerre ils sont obligés de quémander les projectiles et les instructeurs des pays développés. Parfois ces moyens leur sont apportés gratuitement par des pays développés à condition de suivre leur politique personnelle. Par exemple les USA ont formé les Talibans pour mieux s’en prendre aux Russes. Aujourd’hui ils s’en repentent car les Talibans entraînés par leur guerre contre les Russes et formés par les USA se sont retournés contre eux. Que dire de l’armée Afghane qui est formée aujourd’hui par les pays dominants et qui bientôt pourrait offrir des services de qualité à d’autres causes ?


Pour mieux maîtriser cette voie de domination, les pays développés se sont dits « pourquoi aller dans les pays sous développé pour les coloniser ? » ce moyen infâme en raison des dégâts infligés : exportation de guerres européennes, pillage des ressources naturelles et contrôle sauvage des populations n’est pas recommandable. Le colonialisme s’était donné en son temps bonne conscience en apportant le savoir, la religion et la bonne santé aux colonisés. Ce point positif s’est trouvé réinventé par les ONG d’aujourd’hui qui remplissent cet office avec plus ou moins de bonheur dans la mesure où leur intervention est souhaitée par les pays d’accueil. Tout dépend aussi de l’origine du bénévolat qui les finance et les anime.


Les pays développés ont décidé de profiter de la main-d’œuvre des pays sous développés alors que depuis peu la technologie permet avec facilité son exploitation. La numérisation de l’activité humaine, les moyens de communication en temps réel par internet et le transport massif des marchandises par porte-conteneurs permettent d’utiliser une main-d’œuvre lointaine comme si elle était en Europe ou aux USA. De plus un ouvrier chinois est payé quatre à dix fois moins cher qu’un ouvrier français. Et pour couronner le tout une langue commerciale et technologique mondiale commune est enfin disponible : l’Anglais. Nous avons tous remarqué que depuis peu les Français enfin apprennent l’anglais, et même chantent aussi en anglais. C’est parmi d’autres un signe évident de la reconnaissance de notre adhésion à cette nouvelle organisation mondiale.


Les pays sous développés en regardant leur décrochage de la modernité et les bienfaits acquis par les populations occidentales, notamment sur les plans technologiques, laïcs, santé publique, assurance sociale se sont pris à rêver et ont souhaité devenir occidentaux. La télévision mondiale est pour beaucoup dans cette prise de conscience planétaire. En conséquence ils ont entrepris une migration incontrôlée acceptée par les pays d’accueil et encouragée souvent par les pays d’origine. Cette migration est acceptée car elle concerne en règle générale des individus entreprenants, intelligents, bon marché et à forte natalité. Les inconvénients mis en avant sont un état de santé préoccupant, une problématique religieuse parfois inquiétante, un coût important sur le plan social et éducatif. Une déstabilisation des classes ouvrières autochtones en est aussi la conséquence. Les politiques toutes tendances confondues, ont facilité cette intégration en pensant qu’elle serait une aubaine pour les pays d’accueil. Les services sociaux ont consenti des aménagements institutionnels indispensables pour tolérer des pratiques considérées comme archaïques tel l’excision, une organisation familiale différente et la polygamie. La construction de mosquées est encouragée. Le désir de charia sera probablement résolu au bout de quelques générations comme l’a été autrefois en Europe la séparation du pouvoir temporel du pouvoir spirituel. Ce sera probablement de plus en plus difficile pour les populations autochtones modestes installées en France depuis très longtemps à accepter cette cohabitation. Un aménagement se construira sans aucun doute en plusieurs décennies au fur et à mesure de l’évolution de la longue crise que nous traversons. La crise actuelle est bien évidemment l’expression et la conséquence des mutations en cours.


Sur le plan économique le phénomène des délocalisations s’est amplifié de manière spectaculaire. Quand le travail d’un travailleur français est délocalisé par exemple en Chine, cela permet pour une entreprise française d’obtenir le même résultat avec un travailleur chinois qui coûte dix fois moins cher et qui est bien plus docile. Le chinois en question obtient du travail chez lui et augmente la capacité industrielle de son pays. L’employeur français remplace son employé français par un employé chinois non syndiqué particulièrement docile et performant. Quant à lui l’état français en encourageant cette mondialisation a un travailleur chinois qui remplace un travailleur français. Le travailleur français, au pire, devient chômeur mais le gain rapporté par le travailleur chinois permet de payer les indemnisations de chômage du français, améliore la compétitivité de l’entreprise française et probablement rend acceptable le déficit galopant du pays. Le risque engendré par un éventuel défaut du travailleur chinois (troubles sociaux en Chine, contestation locale de la dictature Chinoise, guerre locale) est limité car alors il sera toujours possible de rapatrier le travail du chinois en France avec en plus une prime d’estime accordée à la relocalisation du travail concerné. La Chine est devenue en très peu d’année l’usine du monde occidental et non son rival. Le perdant dans cette opération c’est le travailleur français qui est mis aux rebuts, concurrencé par un travailleur lointain et qui ne comprend pas pourquoi on délocalise son travail. Le constat que tout le monde peut faire c’est :


- que le travail est une denrée mondiale, très labile et qui a de moins en moins de localisation bien définie.

- qu’il y a de plus en plus de richesses de plus en plus mal réparties. L’organisation actuelle de la société française sécrète paradoxalement plus de riches et plus de pauvres.


Pour mieux accepter la mondialisation il faut mieux considérer le travailleur français. Pour cela plusieurs pistes d’aménagement existent :


- développer la recherche-développement

- mieux organiser nos entreprises

- développer la formation à l’organisation

- instaurer une véritable démocratie dans le fonctionnement colbertiste de nos entreprises

- assurer les reconversions par une formation adaptée

- assurer les vieux jours voir l’oisiveté des mis à l’écart

- assurer dès à présent les reconversions en conseillant des activités ludiques comme cela se pratique avec les futurs retraités dans les grandes entreprises

- délocaliser les mis à l’écart à l’étranger dans des pays certes instables mais à confort de vie intéressant. Par exemple au Maroc on peut vivre mieux avec une retraite facilement multipliée en terme de pouvoir d’achat par deux ou trois. Le taux d’imposition est également allégé par des conventions fiscales existantes entre le Maroc et la France.


La Chine deviendra le rival du monde occidental quand elle inventera des produits que le monde occidental ne saura plus faire. C'est pourquoi les transferts de technologie en sa faveur sont des transferts à haut risque. Ce phénomène n’est pas encore pris en compte mais après tout que le meilleur gagne. Si la Chine arrive à dominer la technologie des pays actuellement dominants elle sera alors probablement tentée par d’autres aventures qui nous l’espérons tous ne seront pas militaires. La Chine avance à marche forcée dans tous les domaines et notamment dans la conquête spatiale, le nucléaire, la recherche-développement. Est-ce uniquement pour le bien de l’humanité ? la question est posée.


La mise à niveau de la Chine est provoquée par la mondialisation. Si le taux de croissance de la Chine explose c’est bien la conséquence de la stagnation voir du recul de notre taux qui, de manière constante depuis des dizaines d’années, est en recul. Dans leur ensemble les pays sous développé se portent mieux. L’Afrique a un taux de croissance moyen de 5 % en pleine progression. Ce taux de croissance s’accompagne aussi de conséquences préoccupantes :


- natalité considérable issue de l’amélioration des soins médicaux

- déforestation et destruction des espèces vivantes

- appropriation des ressources minières

- appropriation des terres cultivables

- disparition des économies indigènes

- concentration de la population dans des mégapoles

- pollutions catastrophiques

- émigration sans grand espoir de retour de son élite potentielle

- guerre locale pour garantir des frontières héritées du colonialisme

- …

La mondialisation est la nouvelle logique du développement de l’humanité. Elle est dans le droit fil des autres comportements qu’ont été les guerres de territoire, les guerres de religion, les guerres mondiales, l’esclavage, la conquête de l’Amérique et le colonialisme. La toile de fond de cette évolution est le transfert de technologie et le rééquilibrage du travail mondial. Cette évolution sera-t-elle une évolution meurtrière ? sera-elle une évolution humanitaire ? une chose est certaine : on n’en sait rien. Seul le résultat constaté dans plusieurs années nous fera progresser et nous fera envisager très certainement une amélioration du concept de mondialisation voir un successeur au concept de mondialisation.




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Dernière modification : 21/10/2012