LCLAS

Association des actionnaires salariés du Crédit Lyonnais

 

 
 
 
 
 
 
 

Déjà au XIX° siècle

http://www.annales.org/gc/2003/gc73/particip36-49.pdf


Essor et déclin de la participation financière au XIXe siècle. Leçon historique d’un système de rémunération controversé.

Par Christophe Estaye professeur à école de management de Bordeaux.

Extrait du texte joint en hyperlien :



Le développement de la participation financière au XIX° siècle s’explique principalement par le désir des dirigeants d’entreprises de voir s’améliorer les conditions de vie des salariés et par l’espoir de voir se réduire les conflits sociaux en rapprochant les intérêts des travailleurs de ceux des patrons. Les expériences se sont multipliées jusqu’à la Première Guerre Mondiale, répondant d’abord à des préoccupations d’inspiration patriarcale pour ensuite s’orienter vers des objectifs de performance.

Le XXe siècle marque une rupture dans l’approche de la participation financière en France. Alors que la plupart des pays laissent aux entreprises l’initiative de mettre en place des régimes de rémunération alternatifs, la France instaure une participation obligatoire aux fruits de l’expansion à partir des années soixante : l’objectif est de trouver une troisième voie entre capitalisme et socialisme. Les motifs à l’origine des autres modèles participatifs sont proches de ceux déjà expérimentés au cours du XIX° siècle : stabilité de la main-d’œuvre, économie de temps et de matière, amélioration de la production, apaisement des conflits, encouragement de l’épargne et justice sociale.

La participation financière n’a pas connu au cours du siècle dernier un développement continu. Ce mode de rémunération a souffert d’importants reculs dans l’entre-deux-guerres et il marque le pas depuis la fin des années quatre-vingt. La première période de repli s’explique par le ralentissement économique, qui conduit à l’impossibilité de verser des primes, et les insatisfactions des salariés (accroissement des rythmes de travail, approche idéologique trop marquée, opposition des syndicats, etc.). En outre, les années trente ont vu se multiplier les conflits sociaux dans les pays industrialisés, la France étant sans doute l’exemple le plus éloquent. Comme l’indiquent les auteurs des dix-neuvièmes siècles, ces conditions s’opposent à l’essor de la participation. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre Mondiale, avec le retour à la croissance et à la paix sociale, que le partage des profits réapparaît. Dans les années 1980, l’absence de développement spontané de la participation trouve ses racines dans des phénomènes similaires à ceux constatés durant l’entre-deux-guerres. En particulier, le manque de croissance économique et le retour du chômage de masse n’ont pas permis à ce régime de rémunération de s’imposer.


Gérer et comprendre septembre 2003




 
Dernière modification : 21/10/2012