LCLAS

Association des actionnaires salariés du Crédit Lyonnais

 

 
 
 
 
 
 
 

Aujourd'hui la Participation

Notre pays est en crise. C’est une crise longue qui se développe continûment depuis plus de trente ans et qui connaît aujourd’hui une phase aiguë.


Pourquoi cette crise ? le monde occidental auquel nous appartenons est le point de référence depuis des siècles de toutes les innovations mondiales que ce soit dans l’armement, les nouvelles technologies, les progrès sociaux et culturels. Ce développement se manifeste depuis peu et de manière prégnante au travers de ce qu’on appelle plus largement aujourd’hui la Mondialisation.


Dans un premier temps s’est constitué l’Europe qui a pris naissance dès l’après-guerre avec la communauté du charbon et de l’acier (CECA) puis le traité de Rome. La France et l’Allemagne dévastées par la guerre avaient à se reconstruire. Cette reconstruction s’est faite en un délai record environ quinze ans. Ceci est remarquable et on a vu aussi le Japon se reconstruire dans un délai comparable. Plus tard le bloc soviétique, handicapé par un système de gouvernance inappropriée, s’est effondré en 1989. La Russie se reconstruit aujourd’hui sur le plan économique à grande vitesse. La Chine pays médiéval il y encore peu, (qui se rappelle du célèbre bon en avant de Mao Tsé Toung sur la base d’une économie d’un autre temps ?) la Chine se développe à grand pas en perfectionnant sans cesse son outil de production. D’autres pays dits pays émergeant émergent rapidement tels la Chine et la Russie, déjà citées, mais aussi l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud (c’est ce qu’on appelle désormais les BRIC ou BRICAS). .


L’Europe quant à elle cherche difficilement à se perfectionner et ce à une vitesse bien moindre. Elle doit continuer à innover sous peine de perdre son leader-ship économique. Elle a du mal à faire accepter, par les différents pays qui la composent, les abandons de souveraineté que ces pays doivent consentir. La crise financière à cet égard en est une illustration exemplaire. L’organisation financière de l’Euro, est loin d’être arrivée à son terme, elle est toujours expérimentale. Le laboratoire Grec constitue à cet égard un prototype essentiel à l’adoption de nouvelles règles.


Sur quoi reposent toutes ces évolutions ? ces évolutions reposent essentiellement sur des moyens de production différents. Les technologies évoluent très rapidement et demandent des adaptations permanentes. Les technologies de l’électronique changent les pratiques de France Telecom, les ordinateurs en évolution permanente changent les travaux administratifs, la généralisation de l’utilisation des conteneurs fait évoluer la situation de blocage des ports Français, les TGV révolutionnent les transports de passager et même l’immobilier, les Airbus rendent tous les pays plus proches etc.


La France est confrontée à un vaste problème de méthode qu’elle refuse encore de prendre à bras-le-corps. Avec précaution j’utiliserai un mot presque proscrit qui est le mot organisation. Ce mot d’organisation est encore dans notre pays un mot mal accepté voir peu connu. Ce mot fait peur c’est pourquoi il faut l’employer avec précautions. On lui préfère un autre mot plus rassurant car plus flou qui est celui de Gouvernance. Ce mot est interprété de manière fort diverse et ne recouvre pas de définition précise. C’est un peu comme si le mot voiture était proscrit et qu’on lui préférait le mot de permis de conduire. La Gouvernance c’est un peu le permis de conduire et le mot organisation la voiture.


Il est à remarquer que notre enseignement ne lui réserve pas pour le moment une place de choix. Il n’y a pas dans notre pays d’enseignement systématique de ces concepts. Et pourtant tous les élèves qui plus tard deviendront des animateurs de groupes de travail devraient avoir les idées claires dans ce domaine de tous les jours dès leur entrée dans la vie active. C’est le premier problème que tout le monde rencontre en entrant dans une entreprise. Il est à noter que cet enseignement est plus largement dispensé dans les pays d’Europe du Nord et dans le monde anglo-saxon.


La Participation a été et reste le vecteur philosophique de la bonne gouvernance pour ne heurter personne. La façon dont les individus se comportent en groupe dans le monde du travail relève d’un perfectionnement permanent. Après la fin de la deuxième guerre mondiale la France et le reste de l’Europe étaient à reconstruire. Un effort spectaculaire et rapide a permis cette reconstruction sans précédent. Toutes les élites du pays se sont mobilisées. En mai 1968 une autre évolution ou révolution s’est produite avec la prise en main par le monde universitaire du management. Cette révolution a présidé à la création d’écoles de management sur tout le territoire.


Ce concept de Participation a été violemment combattu dans ses premiers temps. C’est une réaction normale car la Participation changeait les règles de fonctionnement de nos entreprises et tentait d’introduire une dose de démocratie dans le management de notre outil de production. Elle était considérée comme une lubie dans les années cinquante mais depuis les idées ont fait leur chemin. Des projets de lois ont été adoptés : intéressement puis participation aux bénéfices. Dans les années soixante-dix il était courant d’entendre dire que la participation était un concept franco-français autrement dit un concept local voué à une rapide disparition. Dans les années quatre-vingt les privatisations ont amené la création de la vaste catégorie des actionnaires salariés. Il y a plus de trois millions d’actionnaires salariés en France aujourd’hui. D’autres avancées législatives aussi bien de droite que de gauche sont venues consolider la participation dans nos entreprises. Il y a même eu des avancées dans les fonctions publiques mais qui sont encore balbutiantes. Plusieurs études universitaires sont venues étudier ce phénomène, d’abord appliquées à la France puis ces études ont été étendues à l’ensemble de l’Europe et enfin aujourd’hui au-delà. Plusieurs thèses universitaires ont été éditées avec le concours d’associations pour la Participation. Ces thèses ont un impact fort sur tous les spécialistes qui se consacrent à l’amélioration de la Participation dans notre pays.


Aujourd’hui la participation est un concept mondial. Les pays les plus avancés l’ont adopté et lui ont réservé une place de choix dans leur management. Les USA, l’Allemagne et l’Angleterre sont à cet égard des exemples à examiner avec intérêt. L’Europe au travers de ses commissions à Bruxelles fait un travail remarquable en ce sens.


L’APSA créée en 1986 est une des premières associations en France qui se consacre à assurer le développement de la Participation au travers de l’actionnariat salarié et de son corollaire la bonne gouvernance de nos entreprises. Le perfectionnement de nos entreprises a besoin d’un fonctionnement démocratique pour éviter dans un monde sans cesse plus innovant, plus risqué, plus concurrentiel,  d’avoir à subir sans appel :


-       des faillites spectaculaires,

-       des délocalisations d’emploi intempestives,

-       de mauvaises décisions de gestion,

-       un développement tragique du chômage

-       une vie au travail inconfortable

-       etc.

 
Dernière modification : 14/10/2012