LCLAS

Association des actionnaires salariés du Crédit Lyonnais

 

 
 
 
 
 
 
 

La formation à l'organisation

           

  L'organisation en France



L'enseignement en France forme très peu à l'organisation. Quand une entreprise française veut se réorganiser elle fait appel à des cabinets souvent d'origine ou d'inspiration Anglo-saxone. Cette lacune de notre enseignement est une lacune profonde. C'est une contrainte forte pour notre pays qui doit s'adapter pour traverser une crise sans précédent.

Le pouvoir dans toute entreprise se partage en trois pôles. La direction, l'encadrement et les employés. Dans notre pays le pouvoir est axé sur une direction forte, un syndicalisme insuffisamment représentatif (8 % des salariés en moyenne) et un encadrement très faiblement représenté. La participation doit pouvoir rééquilibrer cette anomalie.


La participation est une démarche adoptée dans les années cinquante et promulguée en France par la loi en 1959. C’était une mesure destinée à améliorer le fonctionnement des entreprises françaises au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Depuis cette époque, de nombreuses avancées dans ce domaine particulièrement sensible de l’organisation du travail, ont été jalonnées par d’autres lois. Aujourd’hui le développement de l’actionnariat salarié, composante essentielle de la participation, est devenu un problème Européen. 150 députés européens et des leaders de tous les partis politiques ont apporté leur soutien au Manifeste de l’actionnariat salarié pour les élections européennes de 2009. Ce manifeste rappelle, je cite : « L’actionnariat salarié est à encourager pour une économie plus saine et dynamique, plus durable et pour une meilleure gouvernance. Le moment est venu de faire un bilan et de relancer une politique dynamique pour l’actionnariat salarié en Europe, facteur indispensable à une meilleure gouvernance. Plusieurs fédérations regroupant des associations d’actionnaires salariés de différents pays sont en cours de constitution. »

   

        Pourquoi la participation et pourquoi ses effets se portent-ils sur l’organisation des entreprises autrement dit sur leur gouvernance ?

 

        L’actionnariat salarié est une composante essentielle de la participation.

 

La participation a plusieurs composantes :

   

La participation aux bénéfices

 

L’intéressement

 

La participation au capital

 

Et la participation aux décisions

   

        Rappelons ce qui fonde la bonne organisation des entreprises :

   

        L’actionnariat salarié a une influence directe sur la gouvernance des entreprises et c’est ce qu’on recherche en la développant.

   

        L’organisation depuis toujours est le maître mot du travail en entreprise. C’est en entreprise que la prise de conscience de l’importance de l’organisation s’est le plus manifestée et s’est sans cesse perfectionnée. L’organisation est à la base, depuis toujours, de la créativité, de la productivité et de la performance technique et financière des entreprises.

   

        L’organisation est un mot tabou car ce mot et ce qui s’y rattache menacent l’homéostasie (homéostasie veut dire l’équilibre de l’entreprise). L’organisation est un concept universel mais que l’on formalise fort peu. Dès qu’on rappelle les principes de l’organisation les critiques se manifestent. Beaucoup y voient une démarche perverse et louche dont il faut redouter les conséquences. Malgré tout l’organisation est nécessaire à l’activité humaine.

 

        L’organisation fait peur c’est pourquoi on tente de l’apprivoiser en la dénigrant (c’est bon pour les autres, mais, pas pour nous).

   

        Les principes qui fondent l’organisation, croit-on, changent avec le temps. C’est faux, le langage de l’organisation change mais pas ses principes de base.

   

        L’organisation est une ambition, il faut prendre conscience qu’on ne peut avoir une organisation parfaite. On peut simplement tenter de la renforcer. Entre le chaos et une organisation parfaite, si tant est qu’elle existe, il y a tout un spectre de possibilités. On peut passer d’un capharnaüm imposant à une organisation très efficace. Ce qui compte c’est où l’on se propose de positionner ses ambitions de réorganisation. C’est un choix qui tient compte de l’effort à fournir et de l’ambition que l’on poursuit. C’est ce qu’on peut appeler le positionnement du curseur de l’amélioration souhaitée. Ce qu’il faut éviter c’est de faire pire. Ce qu’il faut rechercher c’est une amélioration possible. Trop d’organisation tue l’organisation. Tout est affaire de dosage.

   

        Un vieil adage qui s’applique aussi à d’autres domaines, la politique notamment, est le suivant : Si vous ne vous occupez pas de votre organisation, c’est l’organisation qui s’occupera de vous.

   

        L’entreprise est un ensemble de personnes qui sont tenues de s’organiser pour vivre ensemble et qui poursuivent collectivement la vocation de l’entreprise. Pour cela ils sont payés par l’entreprise. Son avenir intéresse a priori tous ses employés car sa faillite les conduit directement au chômage. Son organisation est primordiale et c’est la raison pour laquelle on parle de gouvernance, d’organisation, de rentabilité, de modernité, de marché porteur, etc.

   

        L’organisation, à quoi ça sert ?

   

        Une entreprise est un organisme vivant. Pour être en bonne santé, l’entreprise a absolument besoin d’une organisation efficace. Si l’organisation de l’entreprise laisse à désirer, cela veut dire qu’elle est en difficulté. Il est nécessaire de comprendre comment une entreprise est organisée pour avoir une idée précise de son fonctionnement. Si on sait comment elle fonctionne, on peut alors regarder avec objectivité ses dysfonctionnements et tenter d’y porter remède si cela est nécessaire.

   

        Le travail en commun suit une progression immuable fonction du nombre de participants. Les différentes entreprises sont : l’artisan, la microsociété familiale, l’entreprise familiale, la société anonyme, la coopérative, la grande entreprise, la multinationale… Plus le nombre de personnes concernées est important et plus l’organisation devient primordiale et contraignante pour ses membres. La qualité du travail et la survie de l’entreprise dépendent étroitement de son organisation.

   

        Souvent les individus travaillent sans savoir vraiment comment ils sont dirigés. En entreprise le sujet de l’organisation est un sujet tabou. On le subit mais le plus souvent on ne sait pas comment fonctionne l’entreprise. Il suffit de parler d’organisation pour assister à une levée de bouclier imposante. Tout le monde sait que ce mot tabou est synonyme de changement. Le raisonnement que beaucoup tiennent est le suivant : j’ai eu du mal à m’adapter à ma situation actuelle et je ne veux à aucun prix prendre un nouveau risque qui peut déboucher pour moi sur une situation encore plus difficile.

   

        L’organisation en entreprise emprunte beaucoup au langage médical. Avant de faire quoi que ce soit il est nécessaire de faire un diagnostic puis le cas échéant de proposer une thérapeutique. En entreprise le docteur s’appelle le consultant.

   

        L’organisation qu’est-ce ?

   

        L’organisation est un terme que tout le monde croit connaître. Tout le monde a une définition de l’organisation qui sans être fausse ne recouvre qu’une partie de ce qu’est vraiment l’organisation. Ce mot organisation est un mot qui revêt de nombreux sens selon les personnes concernées. Tout le monde se sent responsable de l’organisation qui l’accueille et estime avoir son mot à dire à propos de sa nature et de son perfectionnement. Souvent quand un consultant est requis pour envisager d’améliorer une entreprise, il lui arrive de réunir les membres dirigeants et il leur demande alors :

   

« dites moi en deux phrases au maximum ce qu’est pour vous l’organisation »

   

Les réponses sont en général les suivantes :

   

-        je ne sais pas

 

-        c’est la qualité de vie dont nous disposons

 

-        c’est avoir les moyens pour faire ce qui est à faire

 

-        c’est la qualité de notre production

 

-        c’est que tous nos membres soient bien formés

 

-        c’est être respecté par nos concurrents et nos clients

 

-        c’est faire des bénéfices,

 

-        etc.

   

        Ces réponses ne sont pas fausses mais sont partielles et ne recouvrent qu’une faible partie de cette notion. La définition pertinente de l’organisation peut s’exprimer par la formule :

   

        L’organisation ce sont les postes tenus par chacun et les liaisons qui les réunissent.

   

        Cette définition réunie de manière synthétique la réalité de l’organisation. Cette formulation veut dire : « voici les rôles précis de chacun dans l’entreprise et comment ils sont associés pour en assurer le fonctionnement. »

   

        On peut aussi observer que l’organisation est ce qui caractérise toutes les communautés de travail que ce soit dans une famille, une entreprise ou même chez les insectes sociaux comme notamment les fourmis et les termites. Depuis toujours les hommes se sont réunis pour être plus efficaces. En se réunissant, ils ont défini en premier lieu le poste du chef de village, autrement dit le hiérarchique, et celui du sorcier, autrement dit le fonctionnel. Le chef de village représente le commandement, le sorcier quant à lui donne des conseils, soigne, prévoit l’avenir, conseille le chef de village. Le chef de village est devenu dans les entreprises la hiérarchie d’exécution et le sorcier les instances de conseils comme le DRH, la comptabilité, le service juridique, la communication...

   

        L’organisation à l’origine avait pour objectif de répondre à la préparation et à la mise en œuvre d’une activité primordiale qui est la guerre, que ce soit chez les humains ou les animaux. Quelques exemples permettent d’éclairer cette réalité :

   

        Depuis quelques années, de nombreux spécialistes animaliers observent le comportement de groupes de singes, d’hyènes, de lions, d’hippopotames, de dingos, de suricates, etc. Ils se sont aperçus que ces groupes d’animaux étaient bien organisés avec un rôle pour chacun et des liaisons entre leurs membres particulièrement bien définis. Il n’y a pas si longtemps, sans doute par ignorance et aussi peut-être par condescendance envers ces groupes primitifs, il était d’usage de ne pas leur reconnaître une organisation. Eh bien on se trompait lourdement.

   

        Nous sommes aussi en tant qu’êtres humains des mammifères et nous avons poussé très loin l’organisation de notre vie collective.

   

        Je dirai quelques mots à propos des Pharaons, des Macédoniens, des Romains, de Napoléon, de la 1° et de la 2° guerre mondiale. Aujourd’hui la mondialisation nous interpelle !

   

        Les Égyptiens se sont livrés à des travaux gigantesques dont les traces subsistent après plusieurs millénaires. Il n’y a pas si longtemps, les spécialistes disaient que les pyramides étaient l’œuvre de centaines de milliers d’esclaves marchant au fouet. Les recherches récentes sur le terrain et qui portent sur la compréhension de l’ancienne Égypte ont révélé que les pyramides ont été faites par moins de vingt-cinq mille hommes solidement encadrés, intelligents et qui en dépit d’un outillage rustique sont parvenus à faire ces travaux qui nous laissent rêveurs.

   

        Les armées Macédoniennes et plus tard Romaines ont eu une suprématie mondiale en raison de leur organisation en phalange et en légion. C’était pour la première fois à cette échelle, des soldats bien définis ayant un rôle très précis (hoplites grecs et légionnaires romains) et dépendant d’une hiérarchie impitoyable.

   

        L’armée de Napoléon a gardé longtemps une grande efficacité en raison de son organisation. Il en a été de même des armées Allemandes au cours de la deuxième guerre mondiale mais cette armée a fini par succomber en grande partie sous l’avalanche des inventions technologiques des alliés Anglo-Saxons : bombe atomique, aviation moderne, organisation du travail en usine d’armement, radar, pénicilline, etc.

   

        Si nous considérons l’aspect militaire on peut dire sans se tromper que l’organisation au sein d’une armée est primordiale. En effet une armée en campagne est en quelque sorte constituée de bureaucrates d’un type particulier qui se déplacent sur le terrain avec des véhicules ou à pied. Une armée en campagne, rencontre aussi une difficulté supplémentaire, qui est la destruction d’une partie de ses effectifs. Il faut alors faire en sorte que avec des composants en moins l’armée continue

 

d’exister. C’est bien sûr une contrainte réservée à l’activité militaire mais que des activités civiles peuvent dans certains cas approcher.

   

        L’armée est la dernière organisation qui fonctionne. C’est le dernier recours quand un pays a perdu la guerre ou qu’un grand cataclysme a frappé le pays auquel elle appartient (Catastrophe humanitaire, guerre civile principalement). Il est donc naturel que l’organisation soit sa préoccupation majeure.

   

        Pérennité de l’organisation

   

        L’organisation a aussi une caractéristique précise, qui est sa pérennité et qui n’est jamais assurée. L’organisation est en quelque sorte un dispositif consommable. Toute organisation s’use rapidement et doit sans cesse être entretenue. Les groupes humains sont particulièrement performants pour user les organisations les mieux pensées.

   

        L’organisation est aussi en dépit de sa simplicité (définition des postes de travail et liaisons qui les réunissent) un langage qui ne cesse de changer. L’entreprise en permanence invente de nouveaux concepts pour mobiliser les énergies. Par exemple, la méthode EMC (Entraînement au Métier de Chef issue de l’organisation des industries de guerre mise en place lors de la deuxième guerre mondiale aux USA), le PPBS (Planning, Programing, Budgeting System) des années soixante-dix qui est une méthode de rationalisation des choix budgétaires, les méthodes PERT des années quatre-vingt. La méthode PERT est une technique permettant de gérer l’ordonnancement dans un projet. Elle a été conçue par la marine américaine afin de coordonner les travaux de plusieurs milliers de personnes pour aboutir à la réalisation des missiles à ogives nucléaires POLARIS. La méthode dite de la Qualité des années 9O. La méthode des tableaux de bord des années 2000, le Balanced Scorecard, a été créée par deux grands spécialistes universitaires. Mais tout ceci n’est que la mise au goût du jour, grâce à un langage modernisé, de concepts vieux comme le monde.

 

        Les politiques qui sont en charge du bien commun ont tout naturellement été interpellés par l’organisation des entreprises. Selon les époques ils ont nationalisé et privatisé. Ce sont eux qui, en légiférant, définissent les lois qui obligent les entreprises à en tenir compte en liaison avec le contenu des postes de travail de leurs employés. Ce sont eux qui ont créé une base juridique au syndicalisme, à la participation, à la médecine du travail, etc.

   

        Les politiques s’en mêlent aussi car des décisions s’imposent surtout en période de crise. Nous sommes en période de crise et l’organisation des entreprises préoccupe considérablement le gouvernement. Les délocalisations, le chômage, la création d’emplois nouveaux, l’âge de la retraite, l’enseignement sont bien les préoccupations prégnantes des gouvernants. Si on veut garder à la France sa richesse et son avenir il faut prendre des décisions tendant à améliorer le travail des Français. Tous ces concepts ont pour objet de mieux définir les postes de travail et les liaisons qui les réunissent. Tout ceci tend à faire en sorte que chacun soit satisfait de son poste de travail et de ses dépendances relationnelles au sein de l’entreprise. Pour le moment toutes ces idées sont en place et font l’objet d’améliorations quasi permanentes par les parlementaires des gouvernements successifs en France et aussi depuis peu en Europe.

   

        Les pays les mieux organisés sont les pays dominants. Cette domination se traduit par des performances accrues et une innovation permanente. L’Europe après la deuxième guerre mondiale était complètement détruite ; grâce à sa capacité d’organisation elle a mis moins de dix ans pour se reconstruire. La Chine d’aujourd’hui développe un effort sans précédent d’organisation qui est en fait une menace considérable pour les pays provisoirement dominants. Il en est de même pour la Russie qui se modernise grâce à un effort d’organisation sans précédent.

   

        Il ne faut pas oublier l’enjeu de l’actuelle mondialisation. La mondialisation est pour la première fois une tentative d’organiser la planète menacée dans sa pérennité par la prédation humaine. Les nouveaux chantiers qui sont désormais ouverts et pour longtemps sont le développement durable, l’effet de serre et surtout la surpopulation sujet provisoirement tabou.

   

        L’organisation des êtres humains.

   

        Les règles de l’organisation des individus travaillant ensemble sont universelles. C’est l’organisation que l’on rencontre aussi bien dans un village que dans une entreprise de toute petite taille ou de la taille d’une multinationale. Dans les entreprises la qualité de l’organisation est toujours mise en avant pour expliquer ses succès, sa pérennité et son avenir. Plus rarement les défauts de l’organisation sont invoqués quand l’entreprise disparaît. Il est plus facile de dire :

   

- donnez-nous plus de moyens et on continue à travailler comme d’habitude.

 

- au lieu de dire nous devons nous réorganiser.

   

        Faire participer

   

        Une réorganisation réussie est une action à laquelle participe l’ensemble de l’entreprise. En effet, le problème étudié doit l’être avec la participation de tous. Le simple fait de demander son opinion à un membre permet de gagner sa considération, sa confiance, et de recueillir éventuellement des objections critiques de nature à éviter des erreurs, des pertes de temps ou des maladresses. Chaque individu a la pratique de son rôle, c’est lui qui en connaît le mieux les difficultés et qui a l’expérience du fonctionnement de son poste de travail. Seule sa participation permettra de prendre en compte tous ces éléments expérimentaux difficilement cernables par une analyse solitaire.

   

        La participation permet également de donner confiance à chacun. Chaque membre aura ainsi l’occasion de voir sa place dans l’entreprise confirmée, et il participera à une action qui est importante pour sa destinée.

   

        Il faut être conscient que toute entreprise quelle que soit sa taille peut disparaître.

   

        L’entreprise est mortelle. Si son organisation décline de trop, elle ne peut plus faire face à ses obligations qui sont de payer ses impôts, rémunérer ses salariés et ses actionnaires. Dans un tel cas la société, au travers des tribunaux de commerce, sanctionne ce constat et la faillite est prononcée. Les actifs de la société sont dispersés par un liquidateur. L’argent ainsi récupéré sert à payer partiellement les créanciers. Des sanctions sont éventuellement prises à l’encontre de ses dirigeants. La société disparaît si aucun repreneur valable ne s’engage devant le tribunal de commerce à poursuivre son activité. La mort de l’entreprise est constatée définitivement. Tous ses salariés sont dispersés, changent d’entreprise ou deviennent chômeurs.

   

        L’actionnariat salarié a été conçu comme un puissant moyen d’associer encore mieux les employés à leur entreprise.

   

-        La participation aux bénéfices est une simple réponse de bon sens au fait que tout le monde dans l’entreprise contribue à la création de richesse, donc aux bénéfices.

   

-        L’intéressement répond à l’incitation nécessaire pour stimuler le travail. Depuis plus de 40 ans, l’intéressement (créé en 1959) et la participation (créée en 1967) permettent aux salariés de toucher leur part des bénéfices et d’être intéressés à l’accroissement des performances de leur entreprise. Un dispositif d’exonérations sociales et fiscales a été mis en place pour inciter les entreprises à passer des accords et les salariés à se constituer une épargne, au travers d’un PEE ou d’un PERCO.

   

-        La participation au capital des employés a vraiment émergé avec les privatisations des années quatre-vingt. C’était une volonté politique qui constatait que les privatisations étaient une aubaine pour les acquéreurs des entreprises dénationalisées. Les acquéreurs étaient aussi les employés d’où la volonté de leur octroyer 10 % du capital.

   

        La participation aux décisions existe dans certaines entreprises mais à des degrés divers. Les spécialistes pensent que là où elle existe les employés vont mieux et ont moins tendance à se défenestrer. Les indices qui caractérisent la participation en entreprise le montrent bien. L’indice EURONEXT initié par la FAS illustre la corrélation qui existe entre actionnariat salarié et la bonne santé de l’entreprise.

   

        Il est à remarquer que de plus en plus souvent les grandes entreprises font appel à des psychologues comme organisateur, souvent en tandem avec un ingénieur consultant. Cela montre bien la proximité qu’il y a entre ces deux professions.

   

        Participer aux décisions est un sujet complexe mais qui est essentiel à l’amélioration de nos entreprises. Être actionnaire salarié contribue sans aucun doute à une meilleure formation économique des employés. Mais il manque encore des mécanismes pour mobiliser encore plus les intelligences au sommet du management des entreprises. L’organisation ne peut être abandonnée entre d’étroites mains qui sont susceptibles d’erreurs dramatiques. La crise actuelle nous le montre largement. Les associations d’actionnaires salariés existent depuis peu de temps, environ deux décennies, et ont rendu des services considérables à l’évolution des mentalités.

   

        Diriger une entreprise est de plus en plus complexe, que ce soit une petite entreprise ou une multinationale. Il faut bien sûr qu’à leur tête des personnes compétentes soient désignées, c’est très souvent le cas mais, il y a aussi des exceptions.

   

        Une des plus grandes faillites qui s’est produite en période relativement calme (1993) est celle du Crédit Lyonnais. Le dirigeant de l’époque sur des injonctions politiques qui n’avaient rien à voir avec la réalité économique a précipité cette excellente entreprise plus que centenaire dans un chaos indescriptible. Ce chaos était prévisible et de nombreux salariés voyaient venir cette catastrophe mais n’avaient aucun moyen crédible pour retenir les dirigeants de l’époque. Tout le monde pensait que cette entreprise était, tel le Titanic, insubmersible. La faillite a été d’un effet désastreux sur tous les employés. L’entreprise grâce aux mesures gouvernementales a évité la liquidation mais pas sa mise sous tutelle. Cette faillite, bien sûr, a été au bout du compte financée par les impôts des Français. Si la participation aux décisions avait existé de manière significative cela se serait peut-être passé autrement.

   

        Aujourd’hui nous traversons une crise mondiale originale qui va perturber nos économies pendant de nombreuses années et fabriquer de nombreux chômeurs donc de nombreux drames humains. La planète se réorganise avec difficulté. La mise en service de la titrisation dans les années quatre-vingt-dix, fut le principal dispositif facteur de la crise d’aujourd’hui. La dangerosité de cette innovation était évidente. Mais aucune instance n’existait alors pour en parler et surtout pour éviter de tomber dans ce gouffre. La crise mondiale d’aujourd’hui nous réserve probablement d’autres catastrophes qu’il serait opportun d’éviter. Pour les éviter l’entreprise a besoin de toutes les intelligences et surtout de l’intelligence de tous ses employés.

   

        C’est pourquoi la participation aux décisions en entreprise est un sujet qui mérite réflexion.

   

        Le fait de devenir actionnaire salarié est une mesure qui vise à mieux faire comprendre la vie économique aux employés et à développer leur attention sur la survie de leur entreprise.

   

- La bonne santé de l’entreprise quant à elle dépend de l’adhésion de ses collaborateurs à son destin.

   

- Pour les actionnaires la bonne santé de l’actionnariat au sein de l’entreprise est sûrement un paramètre essentiel à la sécurité de son investissement. Qui est mieux au courant de la bonne santé d’une entreprise que ses employés !!!

   

        Les politiques légifèrent depuis plusieurs décennies sur cette évolution indispensable. L’avancée dans la gouvernance des entreprises ne peut se faire spontanément. Seules des mesures législatives seront de nature à la promouvoir. L’époque actuelle, qui doit faire face à une crise de « désorganisation mondiale » sans précédent, est favorable à ces réflexions. Que sera la qualité de la participation dans les années à venir ? c’est une bonne question qui j’en suis sûr nous interpelle tous.     

   
 
Dernière modification : 15/10/2012