LCLAS

Association des actionnaires salariés du Crédit Lyonnais

 

 
 
 
 
 
 
 

Proposition d'enseignement

               

L’enseignement de l’organisation

dans l’ensemble de notre système éducatif

est une priorité.



Que constate-t-on ?

   

- Notre déclin industriel se poursuit lentement depuis plusieurs décennies.

- Il est urgent d’apporter une impulsion significative à l’amélioration de notre industrie.


Quels sont les moyens à mettre en œuvre

pour mieux organiser nos entreprises ?

- Les avancées significatives dans ce domaine sont rares.

- La France a découvert le management suite à mai 1968 et a alors entrepris de se doter des écoles de management dont elle avait besoin. Ces écoles se sont développées dès 1969 et de nombreux étudiants ont été orientés vers ce nouvel enseignement. Ce transfert s’est fait bien sûr au détriment de l’enseignement technique. Il était nécessaire de ménager un bon équilibre entre le commercial et les ingénieurs dont la France avait besoin. La prééminence quasi monopolistique de la technique avait atteint ses limites avec la fin des trente glorieuses.


   

Il reste un manque crucial qui est l’absence d’enseignement de l’organisation dans notre système éducatif. Cela se traduit dans les entreprises françaises par un système directif « colbertiste » dénoncé depuis toujours. Dans les instances de direction de nos entreprises il y a une absence de dialogue technique entre le patronat et ses cadres portant sur l’organisation et les stratégies mises en œuvre. Une politique de bonne industrialisation a été mieux assumée par l’Allemagne, souvent citée en exemple, qui a su acclimater dans ses conseils d’administration des salariés cadres de bon niveau. Une bonne participation des salariés au fonctionnement de leur entreprise permet à coup sûr d’éviter des choix malheureux et des faillites retentissantes. Les patrons insuffisants en France ne sont jamais sanctionnés et on ne tire pas d’enseignement salutaire sur ce qu’il conviendrait d’améliorer. L’organisation des entreprises est souvent en France dans des mains insuffisamment compétentes comme le remarquait le général de Gaulle en son temps. C’est pourquoi il avait lancé ce qu’on appelle la participation et qui reste encore à améliorer.


  Que proposons-nous ?

La compétence s’enseigne.


La compétence permet de mettre en œuvre une meilleure organisation. En France le mot organisation est un mot tabou. Il est anormal que les universités et les écoles qui préparent les futurs cadres dont les entreprises ont besoin ne donnent aucun enseignement valable dans ce domaine. Notre patronat admet difficilement la contestation technique par ses cadres. Ses seuls interlocuteurs chez les salariés sont les syndicats qui représentent 8 % des salariés et qui sont peu intéressés par la participation au management des entreprises. Les salariés cadres sont davantage soucieux du fonctionnement de leur entreprise mais ne sont pas organisés pour se faire entendre.


Si un enseignement de l’organisation était dispensé à tous les futurs cadres cela permettrait d’améliorer les performances de nos entreprises.


Si un gouvernement proposait un enseignement généralisé de l’organisation par les universités et les écoles cela soulèverait un débat médiatique intéressant et laisserait un souvenir durable dans l’histoire de notre politique industrielle qu’il est urgent de réformer. Notre retard dans ce domaine est spectaculaire et une bonne organisation est à l’évidence à la base d’une industrie performante.


Cette démarche est très peu coûteuse. Demander aux universités de dispenser un tel enseignement simple et uniforme de quelques heures, en fin ou en cours d’étude, est facile à mettre en œuvre. Les recherches universitaires dans ce domaine sont à développer au lieu de se contenter de la médiatisation « d’experts » choisis principalement en fonction de leurs aptitudes à la communication. Déjà certaines universités s’interrogent sur ce problème et devraient être encouragées. Cette politique est une politique de court et de long terme. Quel que soit l’accueil qu’elle recevra elle laissera des traces utiles et favorisera la performance de nos entreprises.


La France dans la première moitié du XX° siècle était à la pointe de l'organisation et ses experts reconnus mondialement tels : André Citroen, Armand Peugeot, André et Edouard Michelin, Gustave Eiffel et Henri Fayol.  Dans l'après guerre, Octave Gélinier était considéré comme l'un des pionniers de la gestion d'entreprise et l'un des précurseurs du management. Aujourd'hui la littérature du management est quasi exclusivement anglo-saxonnne.

La réflexion universitaire en immersion dans les entreprises est indispensable pour rester à la pointe de l'organisation.
 
Dernière modification : 18/10/2012