LCLAS

Association des actionnaires salariés du Crédit Lyonnais

 

 
 
 
 
 
 
 

3 – La réorganisation du travail au sortir de la deuxième guerre mondiale

Ce constat de besoin d’harmonisation des organisations a été fait rapidement dès la libération et le CNPF (le Medef de l’époque) s’en est utilement inquiété. À cet effet il a envoyé des missions d’observation aux États-Unis pour s’informer sur les méthodes de travail mis en œuvre dans les usines d’armement. Il en a résulté en France l’adoption de nouvelles méthodes de travail comme la méthode EMC (entraînement au métier de chef). Des organismes privés tels la CEGOS ont joué un rôle éminent dans la formation des managers français. L’éducation nationale, même dans ses Grandes Ecoles, ne s’est pas à cette époque mobilisée pour mieux former nos managers. Il faut rappeler que la formation au management n’a été entreprise en France qu’après les événements de mai 1968.

 

Avant la deuxième guerre mondiale la France avait des penseurs dans le domaine de l’organisation. Notamment Henri Fayolle estimé par Henry Ford. Aujourd’hui la France a certes des entreprises bien organisées mais ne développe pas un enseignement adapté à notre époque et à nos entreprises. On se contente le plus souvent de faire appel à des cabinets anglo-saxons et à suivre des méthodes locales souvent peu performantes. En France tout le monde se sent organisateur et se comporte comme si le besoin de formation dans ce domaine était inutile voir dangereux. L’éducation nationale devrait dans ce domaine faire les efforts qu’elle diffère depuis trop longtemps. Elle devrait faire des comparaisons et des analyses avec ce que les médias constatent chez nos voisins mieux organisés.

 

Il va de soi que le monde politique est le premier vecteur de l’organisation de notre pays. Dans toute démocratie l’organisation repose sur l’établissement des lois. Le parlement s’est utilement intéressé au début de la Vème République à l’organisation des entreprises de notre pays. À cet effet a été lancé la participation dans les entreprises avec la participation aux bénéfices, l’intéressement, puis au capital. Par contre la participation aux décisions est restée en panne et n’a pas vu le jour, ou alors est restée à l’état embryonnaire. Depuis 1945 les partis politiques se sont mobilisés continûment à propos de la participation. La gauche dans les années quatre-vingt a proposé une nouvelle avancée avec les lois Auroux qui ont reçu un début timide d’application.

 

« Dans la foulée de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la république française en mai 1981, Jean Auroux, jusque-là député de la Loire, et nommé ministre du travail, rédige un rapport sur « les droits des travailleurs », dans lequel il affirme notamment que « les travailleurs doivent être citoyens à part entière dans l’entreprise » et se donne pour objectif de « promouvoir une démocratie économique fondée sur de nouvelles relations du travail […] et sur l’élargissement du droit des travailleurs ». À la suite du rapport, deux ordonnances et quatre lois sont promulguées. »

   

Les lois Auroux ont principalement amené une nouvelle entité qu’est le CHSCT. La participation des salariés au fonctionnement de l’entreprise après quelques tentatives est restée symbolique.

 

D’autres avancées législatives sont à faire pour rendre les textes actuellement en vigueur plus opérationnels. La participation des salariés aux décisions dans les conseils d’administration reste, pour le moment, bien timide malgré les recommandations de l’AMF et les directives de la commission européenne.

 

 
Dernière modification : 04/03/2019