LCLAS

Association des actionnaires salariés du Crédit Lyonnais

 

 
 
 
 
 
 
 

4 – L’organisation du travail en France Depuis les années quatre-vingt.

Les privatisations des grandes entreprises dans les années quatre-vingt ont permis la création à grande échelle d’actionnaires salariés. Aujourd’hui il y a en France plus de 3 millions d’actionnaires salariés. Ce sont dans leur majorité des salariés de grandes entreprises, mais il est aussi nécessaire de développer l’actionnariat salarié dans les petites et moyennes entreprises.

 

La France dispose à l’heure actuelle avec l’Angleterre d’une bonne législation concernant l’aspect financier de l’actionnariat salarié. Il subsiste toutefois une lacune qui est la participation des salariés dans les conseils d’administration. À l’heure actuelle les seuls représentants des salariés sont les syndicats. Or les syndicats ne souhaitent pas participer aux décisions et se contentent d’être observateurs et critiques. Dans certains cas et si le taux de participation le permet (3 % du capital de l’entreprise détenu par les salariés) la direction de l’entreprise désigne de sa seule volonté un représentant. Il va de soi que les salariés souhaitent exercer les droits issus de leur détention des actions de l’entreprise. Pour cela ils souhaitent élire leurs représentants au conseil d‘administration. C’est un point important qui concerne la démocratie de nos entreprises.

 

Pour le moment l’organisation des entreprises en France relève d’un dialogue entre l’État, le Medef et les organisations syndicales. Le Medef représente surtout les grandes entreprises et les organisations syndicales ont peu d’adhérents. Moins de 8 % des salariés français sont syndiqués. Les cadres quant à eux sont exclus de tout le dialogue. Il suffit pour s’en convaincre de voir comment le gouvernement conduit aujourd’hui, sous la pression de la crise que nous traversons, l’indispensable amélioration du dialogue social dans les entreprises. La négociation se fait entre les syndicats, le MEDEF et le gouvernement. Les cadres devraient être associés à ces négociations en apportant leur caution technique. La qualité des résultats y gagnerait sûrement.

 

Si on porte notre regard sur l’évolution législative depuis 1945 on remarque que les gouvernements de droite ont favorisé les revendications du MEDEF et les gouvernements de gauche les syndicats et les fonctionnaires. Les fonctionnaires disposent d’une organisation particulière dont l’efficacité mérite d’être analysée et améliorée. Le gouvernement actuel, tout comme le précédent, est confronté à ce problème et ne le prend pas encore à bras-le-corps en raison des retombées électorales difficiles à estimer.

 

Dans les pays les mieux organisés auxquels on doit se comparer, l’organisation des entreprises est mieux partagée. Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour constater que la France doit continuer à évoluer pour améliorer son outil économique et mieux construire son avenir. Autrefois les évolutions importantes se faisaient sous la pression des guerres. Aujourd’hui les crises économiques semblent utilement remplacer les conflits armés. Le grand chantier organisationnel qui est celui de la construction européenne a principalement pour moteur le couple franco-allemand. L’organisation du travail en France et en Allemagne est différente. L’organisation allemande est plus moderne et efficace. L’organisation française comme celle de nombreux pays européens doit s’améliorer.

 

 
Dernière modification : 04/03/2019